MIGRATION DES PEUPLES AUTOCHTONES PYGMEES DE LA RD CONGO

L’effectif des peuples autochtones Pygmées est estimé entre 600 et 1000 000 de personnes en RDC. L’histoire de la République Démocratique du Congo indique que ce peuple fut le premier à occuper le territoire congolais. L’arrivée d’autres tribus et l’ère des grandes migrations ont débuté aux environs du XIe Siècle.

En République Démocratique du Congo, c’est depuis la désertification du Sahara que les migrations des tribus de Bantous et Soudanaises eurent lieu ainsi que les Nilotiques vinrent du haut plateau abyssin. Ces tribus étaient toutes à la recherche de nouvelles terres cultivables et à la conquête de nouveaux espaces libres pour pâturages. Suite à ces migrations des Bantous, Soudanais et Nilotiques, les Peuples autochtones Pygmées étaient obligées de replier dans la forêt où ils menèrent une vie nomade avec comme unique moyen de subsistance les produits de la chasse, pêche, cueillette et ramassage des champignons et des bois morts.

Le Pygmée-Mbuti/Twa vit une existence plus difficile depuis l’arrivée de ses voisins (Bantous, Nilotiques et Soudanais) qui se sont proclamés chefs à tout le niveau.

Face à la pression humaine, le Peuple autochtone Pygmée, se voit forcé de fuir son milieu pour aller s’installer ailleurs. C’est ainsi que le processus va s’accélérer partout où se trouve ce peuple. Partout il va être supplanté par le nouveau venu. Ce dernier considère le Pygmée comme un éclaireur d’endroits où la vie est possible. Le Pygmée va retourner au plus profond de la forêt en laissant le nouveau venu dans ses anciens villages. C’est ainsi que le colonisateur va y rencontrer l’envahisseur venu à la recherche de terres et de pâturages.

A son arrive, le colonisateur qui détenait toute l’autorité, rencontre le nouveau venu (postautochtone). Ce dernier sera considéré par le colonisateur comme un autochtone et il sera nommé « indigène ». Ils vont collaborer et exclure le peuple autochtone Pygmée en le qualifiant de « sous-homme » et de « singe ». C’est ce que refuse, en second lieu, la population autochtone des pays des Grand Lacs.

Ainsi, le peuple autochtone Pygmée se voit exclu de tous les domaines, politiques, sociaux et autres mais il garde sa culture. Le colonisateur va définir et imposer ses limites frontalières lors du partage de l’Afrique en 1885-87, à la conférence de Berlin. C’est de là que date la naissance du Rwanda, du Burundi et du Congo.

 

Depuis lors, l’espace vital de peuple autochtone Pygmée est géographiquement limité et la fréquence des contacts avec l’extérieur diminue parce que sa terre ancestrale et sa forêt (mère nourricière) sont totalement envahies.

Il s’ensuit une stratification à caractère socio-économique qui, guidée par l’arbitraire, se réfère aux capacités intellectuelles des différents groupes sociaux. Les auteurs en viennent à classer le quotient intellectuel du groupe autochtone en dessous du quotient intellectuel des autres groupes, ce qui entraîne sa marginalisation. Par conséquent, le peuple autochtone Pygmée manque au rendez-vous de l’école et devient impuissant face à son relèvement économique, social et politique.

Le Peuple autochtone Pygmée sera vite présenté au colonisateur comme le représentant d’une espèce en voie de disparition ayant été incapable de s’adapter aux nouvelles réalités de la sédentarisation et de l’exploitation des ressources naturelles dans une vision plus progressiste.

A l’époque féodale, le peuple autochtone Pygmée sera caricaturé comme une bouffonne qui ne sert qu’à améliorer l’humeur de son maître. A la cour comme ailleurs, il sera destiné à n’exécuter que les sales besognes. C’est une des causes de leur «extinction»

Cette situation épineuse est à la base de la misère sans nom dans laquelle croupissent les peuples autochtones Pygmées de la RD Congo qui se heurtent actuellement à des nombreux problèmes majeurs notamment (i) Perte progressive de la langue Kitwa suite à l’acculturation, (ii) Accès très difficile à la terre et aux ressources naturelles suite à la spoliation et envahissement, (iii) manqué d’accès aux services sociaux et économiques de base, (iv) Habitat inhumain/inapproprié, (v) manque d’accès à la justice, (vi) non-participation aux affaires publics et politiques, (vii) savoir traditionnel en voie de disparition, etc.


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